Formes graves de Covid-19 : une piste pour repérer les personnes les plus à risque – L’Express

Dans une étude parue dans la revue Science, une équipe française identifie un défaut dans le système immunitaire des patients qui font des formes graves du Covid.

Pourrait-on dépister les patients les plus à risque de faire une forme grave de Covid-19, et les traiter avant que leur état ne se détériore trop ? Une telle avancée changerait radicalement la perception de l’épidémie, et son impact sur nos sociétés. Une équipe de chercheurs français (Institut Imagine, Assistance Publique – hôpitaux de Paris, Inserm, Institut Pasteur) vient de publier une étude dans la prestigieuse revue Science qui pose une première pierre dans cette direction . Ils ont montré que les malades nécessitant des soins de réanimation produisaient peu d’interféron, une molécule qui agit comme un antiviral en bloquant la réplication du virus dans les cellules, en particulier dans le cas d’infections respiratoires. 

“On peut penser, même si ce travail ne le démontre pas formellement, que ce déficit empêche de contrôler correctement l’infection”, indique le Pr Alain Fischer, immunologue, co-fondateur de l‘Institut Imagine et co-auteur de l’étude (également chroniqueur à l’Express). De là découlerait tout un enchaînement délétère : “Le virus étant toujours présent, le système immunitaire continue d’essayer de l’éliminer et produit des molécules inflammatoires en quantité trop importante. Cette inflammation inefficace devient pathologique, et s’accompagne d’une infiltration de cellules immunitaires dans les poumons, contribuant à leur destruction”, précise Frédéric Rieux-Laucat, chercheur à l’Institut Imagine. 

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