Crise du Covid-19 : l’économie française reprend des couleurs – Le Parisien

La machine économique redémarre plus rapidement que prévu! De nombreux voyants sont déjà repassés au vert ou revenus au niveau d’avant le confinement. Les créations d’entreprises sont aussi nombreuses qu’avant le début de la crise sanitaire, la production industrielle reprend des couleurs comme le moral des patrons, la Bourse a rebondi en juin et le recours au chômage partiel a été divisé par deux entre avril et juin, passant de 8,8 millions de salariés à 4,5 millions le mois dernier.

La meilleure nouvelle? Même si les contraintes sanitaires ont pesé sur les soldes, la consommation des ménages, signal essentiel pour évaluer la reprise économique, a bondi en mai et juin. Selon le baromètre du cabinet de conseil en stratégie BCG, la France et l’Allemagne connaissent la plus forte reprise d’activité des consommateurs avec un niveau à 94 (100 étant le niveau d’activité à la même période l’an passé).

De bons résultats qui restent fragiles

« Alors que le taux d’épargne des Français avait grimpé à 25 % pendant le confinement, au lieu de 14 % en temps normal, la consommation repart, assure Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste au Bureau d’information et des prévisions économiques (BIPE). Même s’il y a certainement un effet de rattrapage, cela montre que les ménages sont confiants. C’est un bon indicateur qui permet à la récession d’être moins forte que prévu au deuxième trimestre. » Dans le secteur automobile, par exemple, la France est l’un des seuls pays européens dans lequel les immatriculations ont augmenté en juin 2020 par rapport à juin 2019.

Mais il est encore trop tôt pour se réjouir. « Ces bons résultats restent trop fragiles pour que nous révisions nos prévisions de croissance (NDLR : -11 % en 2020), a reconnu le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, qui reste prudent tant les incertitudes demeurent nombreuses, aussi bien sur le plan sanitaire qu’économique. « Le redressement ne se fera pas en un jour, a prévenu le locataire de Bercy. Il faudra au moins deux ans. »

Le spectre d’une deuxième vague épidémique

Malgré le plan de relance de 100 milliards d’euros mis sur la table, Bercy craint un automne difficile, avec de nombreuses faillites d’entreprises et une envolée du chômage. « Jusqu’ici, les TPE-PME ont été maintenues à flot grâce aux aides de l’Etat, prévient Anne-Sophie Alsif. Mais il y a une explosion du niveau d’endettement qui risque de devenir problématique. »

Selon l’économiste, certains signaux positifs, fragiles, pourraient même repasser en orange voire virer dans le rouge dans les mois qui viennent. « La restauration ou le tourisme n’ont pas encore repris d’activité normale et les carnets de commandes s’effritent dans le bâtiment. Il faut rester prudent car de nombreuses défaillances d’entreprises sont aussi à prévoir, en cas de deuxième vague. Tout cela pourrait alors enrayer la confiance des ménages et freiner drastiquement la consommation. »

Source

Share your thoughts