L’Outre-mer face au Covid-19 : vers un plan de relance spécifique – Vie publique.fr
Alors que la crise sanitaire est toujours forte à Mayotte et en Guyane, la délégation sénatoriale aux outre-mer a rendu le 9 juillet un rapport sur “L’urgence économique outre-mer” . Pour son président, le sénateur (LR) de Saint-Barthélemy, Michel Magras, ses 58 propositions pourraient “servir de base à la politique du nouveau gouvernement” pour un plan de relance spécifique aux outre-mer.
La délégation avait déjà rendu au Gouvernement, le 20 mai dernier, 20 premières propositions destinées à faire face aux sévères conséquences économiques et sociales de l’épidémie de Covid-19.
Une crise économique d’une ampleur inédite
La crise économique provoquée par la crise sanitaire prend, outre-mer, un caractère inédit en raison des fragilités structurelles de ces territoires :
- forte dépendance aux échanges extérieurs avec une faible intégration régionale ;
- spécialisation économique (poids prépondérant de certains secteurs comme le tourisme, spécialisation de la production agricole…) ;
- tissu entrepreneurial composé à plus de 95% de très petites entreprises (TPE), réputées plus sensibles aux chocs conjoncturels que les grandes entreprises ;
- délais de paiement traditionnellement importants qui provoquent des problèmes de trésorerie pour de nombreuses entreprises ;
- poids du secteur informel ;
- taux de pauvreté trois fois plus élevé qu’en métropole.
Les collectivités d’outre-mer sont par ailleurs menacées d’une crise financière majeure, en raison d’une baisse de leurs recettes (octroi de mer, taxes sur le carburant ou sur les transports aériens ou maritimes…) de l’ordre de 240 millions d’euros sur l’année 2020.
Or le plan de soutien aux collectivités territoriales , en raison des spécificités du tissu économique ultramarin ne répond guère aux besoins de ces territoires, en raison d’importants effets d’éviction.