Dans le Sud-Ouest, éviter le Covid-19 « à tout prix » – Le Monde
Il est 21 h 30 lorsqu’une voix retentit dans le haut-parleur : « Pour des raisons sanitaires, les accès aux plages de Biarritz sont désormais interdits de 22 heures à 6 heures. » Les quelques centaines de personnes assises par petites grappes sur le sable de la grande plage, située au cœur de la station balnéaire basque, tendent l’oreille mais ne bougent pas.
Nous sommes le mardi 4 août, une douzaine de policiers nationaux et municipaux sont postés devant l’escalier principal, au pied du Casino, prêts à faire respecter le nouvel arrêté municipal. Un quart d’heure plus tard, le message est de nouveau diffusé. A 21 h 55, les vacanciers remballent d’eux-mêmes rosé, chips et serviettes, tandis que les derniers surfeurs sortent de l’eau. Les forces de l’ordre ferment les barrières. Dans le calme. A 22 h 05, la plage est déserte.
Le Sud-Ouest est l’une des régions « les moins impactées » depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19, selon l’agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine. Et il compte bien le rester. Alors que les aoûtiens déferlent sur la côte basco-landaise, élus, collectivités, commerçants, services de l’Etat et forces de l’ordre redoublent de vigilance. Port du masque obligatoire dans certaines rues, traque aux fêtes clandestines, fermeture des plages la nuit, gel hydroalcoolique dans les magasins, campagnes de tests de dépistage (38 000 cette semaine, 30 000 la semaine précédente, selon la préfecture de Nouvelle-Aquitaine)… A Bayonne, Biarritz, Anglet, Mimizan ou encore Hossegor, les mesures de précaution se multiplient pour éviter « à tout prix » une propagation du virus, jusque-là très contenu.
« Pics de 1 500 jeunes agglutinés »
L’ARS recense sept foyers aujourd’hui, dont cinq dans la zone de Bordeaux, et 182 patients testés positifs entre le 20 et le 26 juillet, en hausse par rapport à la semaine précédente. Biarritz – 26 000 habitants l’année, 100 000 l’été – ne compte actuellement aucun cas. Et aucune hospitalisation liée au coronavirus depuis le début du confinement, selon la municipalité, à part quelques patients transférés du Grand-Est. « Nous avons échappé à la première vague, nous faisons tout pour échapper à la seconde, lance la maire Les Républicains, Maïder Arostéguy, qui a également imposé le port du masque dans les rues les plus fréquentées. On observe avec une grande frayeur tous les mouvements de population, alors chez nous, on mise sur la prévention, on prend les devants. »
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