Covid-19 : dans les écoles parisiennes, difficile de « se remettre dans le rythme » – Le Monde

Rentrée des classes au lycée polyvalent Samuel-de-Champlain, à Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne), le 1er septembre.

Devant les portes de l’école élémentaire Fagon, dans le 13e arrondissement de Paris, Nour, 11 ans, pose pour la traditionnelle photo de rentrée des classes. Sa mère, Karima Hassani, téléphone à la main, immortalise le moment. A côté d’elles, Abdel, son petit frère de 9 ans, et Sami, son père, observent la scène. Une situation des plus normales, à un détail près. Autour d’eux, tous les parents sont masqués, certains enfants aussi, crise sanitaire oblige.

D’ailleurs, si sa sœur a ôté son masque pour la photo, Abdel l’a encore sur le nez. Pourtant, le masque n’est pas obligatoire à l’école, pour les moins de 11 ans. La famille a préféré rester prudente pendant son trajet jusqu’aux portes de l’établissement. Mais les parents savent qu’une fois dans la cour, les petits vont laisser tomber le masque. « Ça reste des enfants », rappelle Sami. Cette contrainte, à l’école, serait trop compliquée à gérer pour eux.

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Charlotte Cornilleau a elle aussi demandé à ses filles, Luce, 7 ans et Brune, 10 ans, de porter le masque le temps du trajet en métro. « Nous sommes arrivées les premières, c’est exceptionnel, confie-t-elle. Nous habitons à Villejuif [Val-de-Marne], donc d’habitude nous avons tendance à arriver un peu plus tard. »

« Toujours une petite appréhension »

Mme Cornilleau semble plutôt sereine : « On a toujours une petite appréhension le jour de la rentrée, c’est normal. » Le plus difficile, c’est « de se remettre dans le rythme, après le confinement. Ce n’est pas facile pour les filles, elles avaient pris l’habitude de se réveiller à 8 h 30 ».

Rémi et sa fille Chun Li, 8 ans, qui entre en CE2, sont plutôt confiants. « Pendant le confinement, on a gardé un rythme assez scolaire », raconte le père. Sa fille se réjouit surtout de retrouver ses amies. « Elle en a quand même vu beaucoup en FaceTime », précise Rémi, même si ce n’est « pas pareil » de les retrouver en chair et en os.

« Comment ils vont rattraper le retard scolaire, moi c’est plus ça qui m’inquiète », se demande Karima Hassani. « L’école à la maison, ça a fini par générer des conflits », confirme Valérie Bruley, dont la fille, Mélina, entre en CM2. Chaque parent à en effet dû se substituer aux professeurs pour assurer l’école à la maison, tout en jonglant avec sa carrière professionnelle, avec plus ou moins de succès. Bérénice Poussin assure que sa fille était soulagée de reprendre les cours en présentiel. « Elle nous a dit : “Je ne veux plus de confinement, je travaille trop à la maison !” », se souvient-elle en riant.

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A 8 h 20, la directrice, masque sur le nez et vêtue d’une blouse de chimie, invite les écoliers à entrer. Une foule de cartables colorés se masse devant les portes, après un dernier bisou aux parents. « Nous avons reçu peu de consignes de l’école, mais on nous a demandé de nous disperser rapidement après l’ouverture des portes, pour respecter le plus possible les mesures de distanciation physique », explique Mme Cornilleau. Certains établissements ont fait le choix d’espacer l’heure de la rentrée en fonction des classes.

« Faciliter notre organisation »

A quelques rues de là, l’école maternelle Paul-Gervais accueille d’abord les moyennes sections, puis les grandes sections, vingt minutes après. Enfin, les élèves de petite section entrent à 9 h 30, certains même le lendemain. « Conformément aux instructions du rectorat, seuls les parents des élèves de petite section sont autorisés à accompagner leur enfant jusqu’à la classe », peut-on lire sur le panneau d’affichage, à l’entrée de l’établissement.

Aude Verdavainne, qui accompagnait sa fille Rose pour sa rentrée en grande section, salue cette mesure : « Pour les petites sections, c’est plus compliqué de faire la rentrée cette année, d’arriver à l’école dans ce contexte. C’est bien que les parents puissent rester avec eux pour les rassurer. »

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Minata Nabé est un peu en avance pour la rentrée de son fils, en petite section. Hier après-midi, les horaires de la rentrée n’étaient pas encore affichés et les parents n’ont reçu aucun courriel. « Les horaires ont été affichés tard hier soir, c’est vrai que ce n’est pas très pratique », indique Mme Verdavainne.

Pour Mme Nabé, son fils « sent que c’est bizarre ». Ce n’est pas sa capacité d’adaptation qui la préoccupe – « il est habitué à nous voir avec le masque, donc il ne sera pas surpris par ceux des professeurs » –, mais plutôt l’évolution du virus : « Tous les jours, on entend qu’il y a de nouvelles contaminations, ça m’inquiète un peu. » Pour Maylis Desrousseaux, maman de Loup, bientôt 3 ans, cette rentrée en présentiel était « nécessaire ». « Je dois effectuer des déplacements pour mon travail, ça va faciliter notre organisation », résume-t-elle.

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Près de l’école Fagon, quelques parents restent discuter après avoir déposé leur progéniture. Les phrases habituelles des retrouvailles fusent d’un cercle : « Alors, les vacances ? », « Qu’est-ce qu’elle a grandi ! » Parmi elles, un constat : « C’est une rentrée presque normale finalement ! ».

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