Covid-19 : Emmanuel Macron détaillera vendredi un calendrier et une « sortie progressive » du confinement – Le Monde

Le président de la République, Emmanuel Macron, le 26 avril à Melun.

« Y aller tout doucement pour éviter que ça reparte. » C’est avec ces mots qu’Emmanuel Macron avait esquissé lundi 26 avril, dans une école de Melun, les pistes d’une réouverture progressive du pays. Vendredi, les Français devraient en savoir plus sur les conditions du déconfinement.

Emmanuel Macron présentera « les perspectives » de « sortie progressive » des mesures de restrictions imposées contre le Covid-19 dans un entretien publié vendredi matin par la presse quotidienne régionale, a-t-on appris, mercredi soir, auprès de plusieurs médias régionaux. Il ne s’agira pas d’une allocution télévisée, comme cela a été le cas à plusieurs reprises depuis le début de la crise. La publication de cet entretien a notamment été annoncée par Le Midi libre, qui annonce sur son site que « le président Macron expliquera sa stratégie de déconfinement dans une interview publiée vendredi par toute la presse régionale ».

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  • « Les perspectives » du déconfinement précisées vendredi

Un peu plus tôt dans la journée, le premier ministre, Jean Castex, avait annoncé qu’Emmanuel Macron s’exprimerait vendredi pour présenter sa stratégie de sortie de crise. « Il s’agit de nous projeter vers la sortie de crise, mais une sortie de crise progressive », a déclaré Jean Castex, à l’issue du conseil des ministres.

Le premier ministre, Jean Castex, a présenté mercredi le projet de loi relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement ainsi que le projet de loi relatif à la gestion de la sortie de crise sanitaire.

Après les écoles primaires, la levée progressive des restrictions doit se poursuivre la semaine prochaine avec la réouverture des collèges et des lycées, avec des jauges d’élèves, et la fin de l’interdiction des déplacements entre régions ou des limites à 10 ou 30 km. « A partir du 3 mai, ces restrictions de déplacements seront levées, c’est ce que devrait confirmer M. Macron vendredi », a précisé M. Castex.

La suite est encore floue et se dessine par étapes jusqu’à la fin de juin, notamment pour les restaurants fermés depuis six mois, en fonction « des résultats [sanitaires] qu’on aura obtenus », a déjà prévenu Emmanuel Macron, qui devrait dresser un calendrier plus précis.

« Notre situation épidémique continue de s’améliorer, s’est félicité mercredi Jean Castex. Le niveau de circulation du virus reste élevé, mais on observe une vraie tendance à la baisse ; même si cette baisse est plus lente qu’en novembre et que les chiffres restent élevés dans les hôpitaux. »

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  • Un projet de loi de sortie de l’état d’urgence sanitaire

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, et son homologue de la justice, Eric Dupond-Moretti, lors de la conférence de presse après le conseil des ministres du mercredi 28 avril.

Tests, couvre-feu… le gouvernement a, comme prévu, présenté mercredi en conseil des ministres son projet de loi de sortie de l’état d’urgence sanitaire envisagé pour le début de juin. Dans sa rédaction actuelle, le texte lui permet toutefois de conserver des compétences exceptionnelles jusqu’au 31 octobre quant à la circulation des personnes ou la fermeture de magasins si les conditions sanitaires l’exigent en raison de l’épidémie de Covid-19.

Le texte, qui doit permettre de sortir de ce régime d’exception prorogé en février par le Parlement jusqu’au 1er juin, doit être soumis à l’Assemblée nationale « autour du 10 mai », selon des sources parlementaires.

Un « régime transitoire du 2 juin au 31 octobre » : pendant ces cinq mois, le premier ministre aura la compétence de prendre des mesures « par décret (…) dans l’intérêt de la santé publique et aux seules fins de lutter contre la propagation de l’épidémie de Covid-19 », précise le projet de loi. Il pourra ainsi « réglementer ou, dans certaines parties du territoire dans lesquelles est constatée une circulation active du virus, interdire la circulation des personnes et des véhicules (…) sous réserve des déplacements strictement indispensables aux besoins familiaux, professionnels et de santé », comme il l’a fait lors du confinement actuel.

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L’état d’urgence restera possible dans certains territoires : « pour répondre à des dégradations localisées de la situation sanitaire », le texte précise que l’état d’urgence sanitaire pourrait toutefois être déclaré jusqu’au 31 octobre, « dans une ou plusieurs circonscriptions territoriales déterminées », pour un délai porté à deux mois, « pour autant que ces circonscriptions territoriales représentent moins de 10 % de la population nationale ».

Des « dérogations » à la fin du couvre-feu pourront, par exemple, être décidées en fonction de la situation sanitaire, « dans des zones qui ne peuvent représenter que moins de 10 % de la population », a expliqué une source gouvernementale à l’Agence France-Presse (AFP).

Tests obligatoires ou « passe sanitaire » aux frontières : le chef du gouvernement pourra également imposer « des tests obligatoires pour le franchissement des frontières », voire « un justificatif de l’administration d’un vaccin contre le Covid-19 ou un document attestant [du] rétablissement » de la personne qui a été contaminée par le virus.

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Lieux de culture et de restauration pourront être à nouveau fermés : si un rebond de l’épidémie le justifie à nouveau, le premier ministre aura également la possibilité de « réglementer l’ouverture au public » de lieux comme les restaurants, commerces ou salles de spectacle « en garantissant l’accès des personnes aux biens et services de première nécessité », précise le texte.

Le projet de loi accorde au chef du gouvernement la compétence de « réglementer les rassemblements de personnes, les réunions et les activités sur la voie publique et dans les lieux ouverts au public ». Les mesures prescrites « sont strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus et appropriées aux circonstances de temps et de lieu », souligne le document. « Il y est mis fin sans délai lorsqu’elles ne sont plus nécessaires », précise-t-il.

Alors que les élèves d’écoles primaires sont retournés en classe lundi, la France entrevoit un début d’allègement des autres contraintes sanitaires en mai, mais l’exécutif reste prudent face à un ralentissement fragile de l’épidémie de Covid-19. Pour l’heure, le couvre-feu reste en place dans la métropole de 19 heures à 6 heures.

  • Vaccination : priorité aux membres des bureaux de vote

Les membres des bureaux de vote des élections départementales et régionales seront « prioritaires » pour la vaccination, a indiqué, mercredi, le ministère de l’intérieur dans une circulaire adressée aux maires, tout en demandant que soient d’abord sollicitées des personnes vaccinées.

A la date du scrutin les 20 et 27 juin, les personnes âgées de 50 ans et plus « seront en mesure d’avoir bénéficié a minima d’une première injection », rappelle le ministère dans cette circulaire qui détaille le protocole sanitaire à appliquer pour les élections. « C’est dans cette catégorie de personnes que devront en priorité être recherchés les membres des bureaux de vote », assesseurs et fonctionnaires communaux, poursuit le texte.

Le ministère demande aux maires d’identifier les membres des bureaux de vote non encore vaccinés et ne faisant pas partie de cette catégorie d’âge pour leur remettre « sans délai » une « attestation de priorité d’accès à la vaccination ». Ces derniers pourront ainsi « prendre un rendez-vous en centre de vaccination », précise le texte. Les membres du bureau de vote qui n’auront pas pu être vaccinés avant le scrutin devront réaliser un test PCR, antigénique ou autotest, « dans les 48h précédant le scrutin ».

Covid-19 : le nombre de malades hospitalisés passe sous les 30 000 en France, une première depuis le début d’avril

C’est une première depuis le début d’avril. Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés est repassé, mercredi 28 avril, sous les 30 000 (s’établissant à 29 911) selon les chiffres de Santé publique France.

Les services de soins critiques (qui rassemblent réanimation, soins intensifs et surveillance continue) comptaient, mercredi, 5 879 personnes, dont 349 nouveaux malades admis ces dernières vingt-quatre heures. Depuis le 12 avril, le nombre de malades atteints du Covid-19 hospitalisés dans ces services est proche des 6 000 patients. Un chiffre en deçà du pic de la première vague d’avril 2020 (autour de 7 000) mais supérieur à celui de la deuxième vague à l’automne (4 900).

Trois cent vingt-quatre malades du Covid sont morts à l’hôpital ces dernières vingt-quatre heures.

Le Monde avec AFP

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