Covid-19 : des tests alternatifs très attendus pour la rentrée – Le Monde
Avec la reprise de l’épidémie de Covid-19, les tests vont de plus en plus s’inscrire dans la routine des Français. La technique actuelle, qui consiste à détecter la présence du virus dans un prélèvement nasal, apparaît cependant inadaptée à cette nouvelle phase.
Plus de 700 000 tests sont désormais réalisés chaque semaine, en ligne avec l’objectif fixé par le gouvernement au lendemain du déconfinement, et le ministre de la santé Olivier Véran estime pouvoir « réaliser 1 million de tests par semaine s’il le faut ». Mais dans certaines agglomérations, telles que Paris ou Marseille, les laboratoires de ville n’arrivent plus à faire face à la demande. Entre les personnes symptomatiques, venues pour un diagnostic, et les personnes venues « au cas où » car le test est désormais gratuit et sans ordonnance, c’est l’embouteillage. Au risque de décourager, ce qui contribue à accélérer la transmission.
Que se passera-t-il quand les virus saisonniers referont leur apparition et qu’il faudra tester massivement adultes et enfants, au moindre signe évocateur (fièvre, fatigue, toux, mal de tête etc.) ? Comment élargir encore le dépistage pour repérer les asymptomatiques qui représenteraient jusqu’à un tiers des personnes infectées ? Pour de nombreux scientifiques, seuls la mise au point de nouveaux tests, plus simples et plus rapides, permettra de répondre aux enjeux de la pandémie.
Parmi les plus attendus, les tests à partir d’un prélèvement salivaire. Plusieurs essais sont en cours en France pour évaluer leur efficacité, et les comparer avec ceux effectués sur prélèvement nasal. La première approche consiste à analyser la salive comme on analyse aujourd’hui le mucus, en réalisant une RT-PCR. Cette technique consiste à repérer dans un échantillon la présence de fragments bien précis du virus, qui sont sa « carte d’identité ». Toute la question est de savoir si cela donne bien le même résultat.
La recherche progresse à « un bon rythme »
Un essai baptisé « Covisal » a démarré fin juillet en Guyane afin de valider que la salive est un bon échantillon. Il consiste à prélever deux fois – en prélevant du mucus dans le nez et en recueillant de la salive dans un tube – les personnes symptomatiques se présentant aux urgences du CHU de Cayenne pour suspicion de Covid-19 ou dans le cadre d’opérations de dépistage. A ce jour, 400 patients ont été inclus dans l’essai sur les 1 200 prévus par le protocole.
« Jusqu’à présent, les études sur les prélèvements salivaires ont porté sur de petits effectifs et différentes populations prélevées – symptomatiques, asymptomatiques, cas contacts, tranches d’âge – ce qui ne permet pas de conclure. On n’a pas aujourd’hui une idée de l’utilisation optimale de ces tests », souligne la virologue Astrid Vabret, co-investigateur de l’essai en Guyane et qui connaît bien les prélèvements salivaires déjà utilisés pour la surveillance de la rougeole. « Il est important de bien connaître les failles de chaque test pour bien les utiliser », insiste-t-elle.
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