Covid-19 : pourquoi les cas de réinfection sont possibles – Le Monde
Plusieurs cas de réinfection par le SARS-CoV-2 interrogent sur la capacité des défenses immunitaires à offrir une protection de long terme face au nouveau coronavirus − et sur les stratégies vaccinales optimales pour prendre efficacement le relais.
Depuis le début de l’épidémie, la question de la possibilité d’une réinfection taraude les immunologistes et les virologues : après tout, les coronavirus bénins, responsables de rhumes chez les humains, les contaminent de nouveau après un certain délai, au cours duquel la concentration des anticorps produits pour s’en protéger s’amenuise.
Ce phénomène d’attrition des anticorps a déjà été observé, concernant le SARS-CoV-2, dans plusieurs études. Mais la capacité d’autres formes d’immunité − notamment portées par certains types de globules blancs − à conserver une mémoire et une réactivité à plus long terme, est encore débattue. Plusieurs cas récents montrant la présence persistante du virus chez certains malades pointaient vers de possibles réinfections, mais il restait possible que ces personnes n’aient jamais cessé d’être porteuses du SARS-CoV-2 et qu’il se soit agi de rechutes.
La question est désormais tranchée : une équipe de médecin et chercheurs de Hongkong montre de façon définitive qu’une réinfection est possible.
Kwok-Yung Yuen et ses collègues décrivent dans une étude, publiée le 25 août dans Clinical Infectious Diseases, le cas d’un Hongkongais de 33 ans qui s’est révélé porteur de deux variants distincts du SARS-CoV-2, à quatre mois et demi d’intervalle. Le 26 mars, il avait été testé positif après avoir présenté toux, expectorations, fièvre, maux de gorge et de tête. Hospitalisé trois jours plus tard, alors que ses symptômes s’étaient atténués, il avait regagné son domicile le 14 avril après deux tests PCR négatifs. Le 15 août, alors qu’il rentrait d’un voyage en Espagne via le Royaume-Uni et ne présentait aucun signe de la maladie, il a été testé positif lors d’un examen de routine à l’aéroport. De nouveau hospitalisé, il est resté asymptomatique.
Un cas en Belgique, un autre aux Pays-Bas
Face à ce cas singulier, les médecins ont récupéré les échantillons de mars et d’août, et procédé à un séquençage complet des coronavirus qu’ils renfermaient − les tests PCR habituellement réalisés, eux, ne ciblent que des fragments de l’ARN caractéristique du génome du coronavirus. Alors que le premier virus présentait un profil proche de celui des souches circulant aux Etats-Unis et en Angleterre en mars et avril, le deuxième correspondait à des variants observés en Suisse et en Angleterre cet été.
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