« Les gens sont paumés » : Mimet, village sans malades du Covid-19 placé en zone rouge – Le Monde

« Quand vous voyez cela, vous comprenez bien que les mesures qu’on nous impose sont inadaptées. » Du bureau de sa mairie, perchée au sommet du vieux village de Mimet (Bouches-du-Rhône), Georges Cristiani observe les 1 800 hectares de sa commune. En contrebas, les toits de Mimet, 4 700 habitants, sont noyés dans un beau vert de forêt provençale. « 98 % de notre territoire sont classés en zone forestière. Ici, on peut demander aux habitants de porter le masque. Mais pas partout et tout le temps », s’échauffe le maire sans étiquette, 62 ans et quatre mandats.
Lundi 14 septembre, c’est pourtant bien ce qu’a décidé le préfet des Bouches-du-Rhône, Christophe Mirmand. Devant l’avancée du coronavirus dans le département, le représentant de l’Etat a décrété un renforcement des mesures sanitaires et l’obligation de se masquer de 6 heures à 2 heures du matin dans 27 communes. Celles où, selon l’Agence régionale de santé (ARS), le taux d’incidence dépasse 100 personnes contaminées pour 100 000 habitants. Marseille, Aix-en-Provence, Aubagne sont concernées. Mais aussi les villages de Barbentane, Fuveau… Et Mimet, plus petite commune de la liste.
« En tant que président des maires des Bouches-du-Rhône, j’avais alerté le préfet la veille sur la nécessité de ne pas traiter les petites communes rurales et forestières comme les métropoles. Il en a convenu, mais ne m’a jamais dit que mon village était dans la liste rouge », s’étonne Georges Cristiani.
« Cette statistique a ses limites »
Comme certains de ses homologues, le maire de Mimet apprend la nouvelle par la presse. Et, pendant quarante-huit heures, affronte le vent de panique qui souffle sur sa commune. « C’était la surprise et l’incompréhension. Comme si, d’un seul coup, nous étions pestiférés », raconte Geneviève Dalfin, l’adjointe aux écoles qui, devant les trois établissements scolaires, encaisse, elle aussi, les reproches des habitants. En urgence, le maire se rend au club du troisième âge : « Les petits vieux étaient angoissés, il a fallu que je leur explique que, pour moi, il n’y avait aucun cas ici. »
A l’appui de ses dires, le maire collecte les attestations des responsables des écoles, de la crèche, de l’Ehpad et du centre de rééducation. Aucun cas de Covid-19 n’y est recensé. Un courrier des pompiers confirme que le dernier transfert d’une personne contaminée remonte, sur la commune, au mois de juin.
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