Covid-19 : le gouvernement échoue à obtenir un consensus politique avant de nouvelles « décisions difficiles » – Le Monde

Réunion sur la situation sanitaire due au Covid-19 autour du premier ministre, Jean Castex, et de son gouvernement, le 27 octobre à Paris.

L’attente est parfois pire que l’épreuve elle-même. A cet égard, la journée de mardi 27 octobre a été un modèle du genre, où une nouvelle rumeur sur les modalités du tour de vis promis par le gouvernement pour endiguer la propagation du Covid-19 en chassait une autre. C’est dans ce contexte que les représentants de l’opposition, patrons des différents groupes parlementaires et autres présidents d’associations d’élus locaux ont retrouvé le premier ministre, Jean Castex, mardi à 17 h 30 afin de discuter des mesures à prendre.

Conscient du choc potentiellement provoqué par de nouvelles « décisions difficiles », selon les mots du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, le gouvernement a décidé, contrairement au mois de mars lors du premier confinement, de consulter tous azimuts avant la prise de parole d’Emmanuel Macron mercredi soir à 20 heures. Une concertation pour assurer un atterrissage en douceur à des mesures plus drastiques.

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« Etant donné le contexte, et parce que nous prenons à nouveau des mesures de restriction des libertés, il est indispensable d’informer et d’associer les acteurs politiques et syndicaux, juge Hugues Renson, vice-président (La République en marche, LRM) de l’Assemblée nationale. Tout doit être engagé pour favoriser le consentement aux décisions et éviter qu’elles ne suscitent la polémique. »

L’exercice est pourtant loin d’être réussi. Après deux heures d’une réunion houleuse à Matignon, les participants sont ressortis pour le moins sceptiques. Pour Christian Jacob, le président du parti Les Républicains (LR), la rencontre était tout bonnement « hallucinante ». « Si c’était une mise en scène de consultation, elle est ratée, personne n’est dupe », tranche l’élu de Seine-et-Marne pour qui les partis étaient tous prêts à « prendre leur responsabilité » et à donner leur opinion sur des possibles mesures. Pour peu qu’il y en ait. Car, selon plusieurs personnes présentes, c’est sans réelles propositions que Jean Castex, qui avait orchestré le déconfinement en mai, s’est présenté devant l’assistance mardi. « Le président envoie son premier ministre au feu sans munitions », a ainsi regretté Christian Jacob.

Préparer les esprits aux prochaines restrictions

Même discours à gauche, où les députés socialistes Olivier Faure et Valérie Rabault sont ressortis de la consultation avec la désagréable impression d’un gouvernement qui « improvise en permanence et cherche à piéger l’opposition plutôt que de partager ». « C’est une gigantesque blague ! Nous avons demandé quelles étaient les pistes, les différents scénarios et leur impact et nous n’avons eu aucune réponse ! », s’agace M. Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS).

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