Le gouvernement confronté au casse-tête d’un Noël sous Covid-19 – Le Monde
Les Français pourront-ils fêter Noël en famille ? La question suscite autant d’interrogations dans la population qu’au sommet de l’Etat, où l’on admet que le sujet représente « un énorme casse-tête ». « Les fêtes de Noël, je ne sais pas comment on fait. C’est clairement le moment compliqué… », se désole un poids lourd du gouvernement. Dans les ministères, on a la main qui tremble face à cette équation insoluble entre lutte contre l’épidémie de Covid-19 et acceptabilité sociale.
A l’approche du mois de décembre, l’exécutif marche sur des œufs. Difficile en effet de faire plus impopulaire comme mesure que d’empêcher les réunions de famille pour Noël. Au sein de l’exécutif, plusieurs sources jugent ce scénario « intenable ». « Socialement, les gens n’accepteront pas », tranche un ministre, en soulignant le risque que les gens « deviennent dingues » si on leur interdit de se retrouver. D’autant que pour l’économie, ce rendez-vous s’accompagne d’une frénésie de consommation dont dépend le salut des petits commerces.
Le 28 octobre, Emmanuel Macron était resté évasif sur cette question explosive : « Nous verrons si nous pouvons espérer cultiver l’espoir de célébrer en famille ce moment si précieux de Noël et des fêtes de fin d’année », avait-il expliqué. Matignon, qui a hérité du dossier, l’aborde avec, en tête, une question qui écrase les autres : où en sera le virus ? Le chef de l’Etat a bien fixé le seuil de 5 000 contaminations par jour comme condition d’un retour à la normale (contre plus de 30 000 aujourd’hui), mais ce niveau ne sera peut-être atteint que l’an prochain, comme l’avait prévenu dès octobre le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy.
Extrême prudence
Le confinement, décidé initialement pour quatre semaines, est donc parti pour durer. Vu la gravité de la situation sanitaire, Jean Castex a annoncé, jeudi 12 novembre, sa décision de le maintenir dans les mêmes conditions jusqu’au 1er décembre et au-delà. Aussi pour les fêtes de Noël et du Jour de l’an, il faudra réduire la voilure. Certes, à la condition d’un recul épidémique, les commerces pourront rouvrir avec un protocole strict au premier décembre ; certes, un second allègement du confinement est envisagé par le premier ministre « au moment des vacances de Noël », pour que les Français « puissent passer des fêtes de fin d’année en famille ». Mais une extrême prudence est de mise, et les paris sont ouverts sur la physionomie des fêtes 2020. Seule certitude : elles ne pourront « pas se tenir de la même manière que d’habitude », a annoncé M. Castex.
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