Covid-19 : le gouvernement n’annonce pas de nouveau confinement… pour l’instant – Le Point

L’exécutif lève le voile. Un conseil de défense s’est tenu vendredi 29 janvier, à partir de 18 heures, et le Premier ministre Jean Castex s’est exprimé dans la foulée. Alors qu’un nouveau confinement était attendu, le Premier ministre a déclaré que « nous pouvons encore nous donner une chance » de l’éviter. « La question d’un confinement se pose légitimement » en raison d’un « fort risque d’accélération » de l’épidémie, a reconnu le chef du gouvernement en soulignant que « les prochains jours seront déterminants » pour prendre d’éventuelles nouvelles mesures.

Pour le moment, le gouvernement ferme la frontière nationale avec les pays extérieurs à l’Union européenne dès dimanche, « sauf motif impérieux ». Un test PCR négatif sera demandé pour toute entrée en France en provenance d’un pays de l’Union européenne, « à l’exception des travailleurs transfrontaliers ». Cette mesure, déjà en vigueur depuis dimanche dernier pour le transport maritime et aérien, doit donc être étendue au transport terrestre. « Tous les déplacements en provenance et en direction de tous nos territoires ultramarins seront également soumis désormais à la production de motif impérieux à compter de ce dimanche », a ajouté le chef du gouvernement.

Fermeture des centres commerciaux non alimentaires

Par ailleurs, les centres commerciaux non alimentaires de plus de 20 000 m2 devront fermer leurs portes à partir de dimanche. Dès lundi, les jauges de fréquentation « seront renforcées dans toutes les grandes surfaces ». Il s’agirait de passer d’un client pour 8 m2 à un client pour 10 m2. « Le « quoi qu’il en coûte » (prêts garantis par l’État, fonds de solidarité, chômage partiel, NDLR) s’appliquera bien sûr pour tous les salariés et les entreprises concernés », a-t-il ajouté. « Dans toutes les entreprises où c’est possible, le recours au télétravail sera renforcé », a déclaré Jean Castex. Une mesure qui s’applique aussi aux administrations publiques.

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Le chef du gouvernement a en outre haussé le ton contre « les dérives de quelques-uns » en promettant un renforcement des contrôles du couvre-feu de 18 heures et des fêtes clandestines et « l’ouverture illégale » des restaurants. Une « consigne de particulière fermeté sera appliquée pour ceux qui fraudent les règles en vigueur », a souligné Jean Castex.

Cette série de nouvelles restrictions a aussitôt été jugée trop faible par certains dans l’opposition, comme le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui estime que le gouvernement perd du temps, tout comme Marine Le Pen (Rassemblement national). Le président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, Damien Abad, lui, s’exclame : « Tout ça pour ça ! » Le secrétaire national du parti Europe Écologie-Les Verts, Julien Bayou, estime que le gouvernement choisit « l’économie au lieu de la santé ». À l’inverse, le chef de file des députés MoDem, Patrick Mignola, a salué des « mesures sérieuses et équilibrées ». Satisfecit également de la part du maire de Nice Christian Estrosi.

La pression épidémique liée au Covid-19 restait forte vendredi en France, avec au total 22 858 nouveaux cas d’infection par le coronavirus enregistrés au cours des 24 dernières heures, contre 23 292 vendredi dernier, selon Santé publique France. La semaine dernière, un peu plus de 141 000 personnes ont été testées positives, soit une moyenne d’environ 20 100 par jour, contre 128 000 la semaine précédente, soit une moyenne quotidienne de 18 300. Le taux de positivité des personnes testées a très légèrement régressé, à 7 %, contre 7,1 % les six derniers jours. Avec 356 nouveaux décès recensés à l’hôpital en 24 heures, la maladie a désormais tué 75 620 personnes, dont 52 917 à l’hôpital, depuis le début de l’épidémie.

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