Covid-19 : Nice sous tension – Le Point

Au service de réanimation de l’hôpital Pasteur-2 à Nice, 24 personnes atteintes du Covid -19 sont actuellement hospitalisées. « Il nous reste deux lits de libres », confie la professeure Carole Ichai, cheffe du service de réanimation du CHU de Nice. Et la professionnelle de santé d’ajouter : « Nous avons un afflux important de patients depuis une dizaine de jours, la situation est tendue. » De fait, les Alpes-Maritimes sont particulièrement touchées par la pandémie. Selon CovidTracker, le département enregistre le taux d’incidence le plus élevé de France métropolitaine avec 577 cas pour 100 000 habitants, bien au-delà de la moyenne nationale évaluée à 190 cas. À Nice, on dénombre même 751 cas pour 100 000 habitants.

Face à cette situation alarmante, le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, s’est rendu dans la capitale azuréenne ce samedi 20 février pour annoncer un renforcement des mesures de protection sanitaire. « Ça pourrait prendre la forme d’une accentuation du couvre-feu, peut-être un confinement partiel, peut-être un confinement total », a-t-il déclaré. « Une mesure que j’encouragerai de toutes mes forces », a renchéri le maire de Nice, Christian Estrosi. Au-delà d’endiguer l’épidémie, il s’agit pour l’édile d’éviter d’avoir « des malades graves de longue durée qui garderont des séquelles toute leur vie ».

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Environ 250 personnes sont ainsi actuellement évaluées pour une forme longue de Covid au sein du service infectiologie de l’hôpital de l’Archet-1 à Nice. La maladie terminée, toutes ont eu une persistance de symptômes : fatigue, douleur thoracique, essoufflement, maux de tête, palpitations, malaise, insomnie, troubles de l’attention, trouble du goût et de l’odorat… les affections sont nombreuses. « Certains ont attrapé le Covid il y a bientôt un an et ne s’en sont pas encore remis. La plupart sont des gens actifs qui ont entre la quarantaine et la soixantaine », confie le Dr David Chirio, infectiologue au CHU de Nice. Dix pour cent des cas de Covid-19 présentent aujourd’hui une forme prolongée de la maladie. « Avec de plus en plus de personnes atteintes par le virus, il faut s’attendre à une augmentation des cas de Covid long », souligne le spécialiste.

À l’hôpital de l’Archet toujours, quatre patients gravement atteints par le Covid-19 sont en soins intensifs au sein du service de médecine physique. « Nous avons de plus en plus de demandes pour accueillir ce type de patients, précise la professeure Manuella Fournier, cheffe de ce service. Ils arrivent chez nous après une période de réanimation prolongée, sous oxygène, avec une paralysie généralisée et une perte de 10 % de leur poids. » Comme Claude, 68 ans, diagnostiqué fin novembre dernier et toujours hospitalisé. « J’étais à la limite des accidents cardiaques », s’exprime-t-il d’une voix faible. Pour ces malades, une longue rééducation accompagnée d’un suivi psychologique est mise en place.

Accélération de la vaccination

En attendant la baisse de l’épidémie, l’organisation au service de réanimation de l’hôpital Pasteur-2, elle, se réajuste à vue. « La semaine dernière, nous avons augmenté notre capacité de cinq lits ; cette semaine, nous avons ajouté deux nouveaux lits de réanimation, et si les choses continuent ainsi, nous mettrons trois lits supplémentaires », confie la professeure Carole Ichai. Cent trente patients ont été accueillis dans le service depuis la fin du mois d’octobre, pour des séjours entre trois et six semaines en moyenne. « Le taux de mortalité pour ces patients hospitalisés est de 10 % environ », précise la professeure.

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Lors de sa venue, Olivier Véran a présenté les nouvelles mesures de protection pour lutter cotre la propagation du virus. Dès lundi, 3 500 doses du vaccin Pfizer seront livrées en urgence dans le département, et « des milliers de doses » du vaccin d’Astra-Zeneca suivront. Les contrôles de respect des consignes sanitaires et la campagne de dépistage du département seront renforcés. Un » dépistage massif » via des tests salivaires sera par ailleurs déployé dans les écoles, collèges et lycées dès la fin des vacances scolaires. Pour remédier à la saturation hospitalière, le ministre de la Santé a également déclaré que des patients d’hôpitaux niçois pourraient être transférés vers des établissements d’autres régions. Concernant un possible confinement, partiel ou total, ou un couvre-feu renforcé, l’annonce sera faite rapidement. En attendant, comme l’a annoncé le ministre, « toutes les hypothèses sont sur la table ».

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