Covid-19 : l’Elysée réfléchit à une vaccination obligatoire des soignants – Le Monde

Vaccination d’un soignant de l’hôpital Amboise-Paré, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le 6 janvier 2021.

La course à la vaccination ne doit pas dérailler. Agacé par le manque d’entrain des soignants à se faire vacciner contre le Covid-19, en particulier avec le vaccin d’AstraZeneca, l’Elysée a fait savoir au Monde, jeudi 4 mars, qu’il étudiait la piste d’une vaccination obligatoire pour les soignants, confirmant une information des Echos.

Lire aussi : Vaccination dans les pharmacies, confinement partiel dans le Pas-de-Calais… Le détail des annonces de Jean Castex

La vaccination reste aux yeux de l’exécutif « la seule issue pour sortir de la crise ». Mais elle doit s’accélérer pour permettre à tous de reprendre une vie quasi normale dans laquelle les bars, les restaurants, les lieux culturels pourraient rouvrir. « L’accélération de la vaccination ne se décrète pas, il faut que tout le monde contribue », souligne une source proche du premier ministre, Jean Castex.

Le ministre de la santé, Olivier Véran, a prévu de transmettre vendredi 5 mars un courrier aux professionnels de santé afin de les sensibiliser à la vaccination, mais aussi afin de les « remercier de leur mobilisation exceptionnelle » dans cette crise.

« Vrai débat »

A Matignon, comme à l’Elysée, on enrage de voir des doses de vaccins d’AstraZeneca non utilisées quand les files d’attente s’allongent pour immuniser les populations à risque. « Je rappelle que les soignants – médecins, infirmiers, sages-femmes, aides-soignants, aides à domicile – sont éligibles à la vaccination depuis début janvier. Or, seul un soignant sur trois est aujourd’hui vacciné. Ce n’est pas normal et cela compromet notre capacité à lutter efficacement contre le virus, alors même que nous connaissons une reprise épidémique inquiétante », a souligné M. Castex lors de sa conférence de presse, jeudi. « C’est comme pour la grippe, les soignants sont peu allants », observe une autre source proche de l’exécutif, soulignant que l’obligation vaccinale « a simplement été évoquée ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi A Poissy, des soignants vaccinés témoignent : « Finalement, j’ai l’impression d’avoir un poids en moins »

Le sujet est, de fait, délicat. « Discutable », souligne le professeur Didier Pittet, épidémiologiste à la tête du service de prévention et de contrôle de l’infection des hôpitaux universitaires de Genève. « Cela conditionnerait le droit de travailler à tel ou tel endroit », observe le coauteur de Vaincre les épidémies (Ed. Hugo Doc, 2020), chargé en juin 2020 d’évaluer la gestion de la crise sanitaire pour l’Elysée.

« Avant de rendre la vaccination obligatoire, il faut comprendre les réticences au vaccin et en particulier au vaccin d’AstraZeneca qui, en France, a mauvaise presse, ce qui est regrettable », dit-il, mentionnant des effets secondaires à ce vaccin d’origine britannique, tels de la fièvre, des courbatures, des rougeurs, somme toute « raisonnables » au regard de ses performances « spectaculaires ». « Mais rendre la vaccination obligatoire est un vrai débat. Peut-être faut-il surtout faire comprendre que, se faire vacciner, c’est protéger vos malades, mais aussi vos amis, vos proches », ajoute-t-il.

Source

Share your thoughts