Covid-19 : peut-on vraiment parler de « décroissance de l’épidémie » ? – Le Point

« Depuis cinq jours, nous amorçons une décroissance de l’épidémie. » C’est ce qu’affirme Olivier Véran dans une interview au Télégramme ce mardi 20 avril. Le ministre de la Santé l’assure : « Il y a moins de nouveaux cas au quotidien. » Il souligne toutefois que « cette diminution reste fragile : nous sommes toujours à un niveau très élevé de l’épidémie et la descente n’est pas encore suffisamment rapide et tranchée. Il nous faut continuer nos efforts. »
Enfin une bonne nouvelle ? Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 est difficile à suivre dans le temps depuis le début du mois d’avril, car le week-end de Pâques a créé un trou d’air dans le nombre de tests réalisés et perturbé les indicateurs. Ces derniers jours, on perçoit tout de même un début d’amélioration. Fin mars, on comptait environ 40 000 nouveaux cas par jour en moyenne – lissée sur sept jours. Après une pointe à 42 000 le 14 avril, on amorce une descente : 32 715 cas par jour au 19 avril.
Taux de positivité en hausse
Il convient toutefois de rester prudent. Le nombre de cas baisse, mais le nombre de tests réalisés suit la même tendance. Et moins on teste, moins on trouve. On réalisait près de 550 000 tests par jour fin mars, on est désormais plutôt autour de 400 000. Le confinement, en restreignant les déplacements et les contacts, a probablement réduit le nombre de personnes se faisant tester avant de voir des proches. Et cette réduction des contacts sociaux, accentuée par la fermeture des écoles, a sûrement réduit le nombre de cas contacts nécessitant de faire un test.
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Conséquence : le taux de positivité augmente. Fin mars, 8,2 % des tests revenaient positifs. Ce chiffre avait baissé jusqu’à 7,3 %, mais il est désormais bien remonté, à 9,8 % au 16 avril. Le taux de positivité est toujours très important en Île-de-France, notamment dans le Val-d’Oise (15,7 %) et la Seine-Saint-Denis (16,3 %). À part à Paris, il est supérieur à la moyenne nationale dans tous les départements de la région capitale, comme dans ceux des Hauts-de-France.
Cet indicateur est également plus élevé que la moyenne dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, autour de la Loire qui affiche un taux de positivité à 13 %, de la Haute-Loire (12,4 %) et du Rhône (12,1 %). Un peu plus au sud, c’est le Vaucluse qui se démarque avec 12,5 % des tests positifs entre le 10 et le 16 avril. En revanche, dans les Alpes-Maritimes, précocement confinées en février face à une explosion de l’épidémie, la situation s’est nettement améliorée. Le taux de positivité n’est plus que de 5,7 %, bien inférieur à la moyenne, et 213,7 cas pour 100 000 habitants ont été détectés entre le 10 et le 16 avril, moitié moins qu’il y a un mois.
Allégement des mesures à la mi-mai
Reste un indicateur qui tarde à s’améliorer : celui de la tension hospitalière. Au 19 avril, 5 970 patients atteints du Covid-19 occupent des lits de soins critiques. Le pic de la deuxième vague (4 900) est dépassé, mais pas celui de la première (7 000). Si la baisse du nombre de cas se confirme, il faudrait attendre encore une dizaine de jours pour qu’elle se ressente à l’hôpital. Mais « cela se stabilise depuis quelques jours », assure Olivier Véran dans Le Télégramme.
À l’automne, Emmanuel Macron avait fixé entre 2 500 et 3 000 patients en réanimation le seuil pour envisager une levée des restrictions du confinement. Cette fois, « plutôt qu’un objectif chiffré », Olivier Véran assure que la priorité de l’exécutif est de « reprendre les opérations déprogrammées le plus vite possible, pour soigner les malades qui n’ont pas le Covid dans les meilleures conditions ».
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Le ministre de la Santé a d’ailleurs confirmé auprès du journal breton le calendrier de réouverture des écoles : lundi 26 avril pour les primaires et maternelles, lundi 3 mai pour les collèges et lycées. « Nous pourrons envisager ensuite un certain nombre d’allègements des mesures à partir de la mi-mai », assure-t-il. Mais tout le monde pourrait ne pas profiter aussi rapidement de ce retour progressif et partiel à la liberté, Olivier Véran glissant être « ouvert à l’idée d’une approche territoire par territoire dans la levée des mesures de freinage ».