Covid-19 : la baisse des indicateurs épidémiques en France incite les personnels de santé à un optimisme prudent – Le Monde
La réouverture des terrasses l’a presque fait oublier, mais le nouveau coronavirus circule toujours sur le territoire français et le nombre de patients hospitalisés reste à un niveau élevé. Et ce, en dépit de la baisse, continue, des indicateurs de suivi de la maladie. Le bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’agence Santé publique France (SpF), rendu public jeudi 20 mai, incite à un optimisme prudent.
Dans la semaine du 10 au 16 mai, 87 957 nouveaux cas de Covid-19 ont été relevés sur le territoire français, en baisse de 12 % par rapport à la semaine précédente. Ce chiffre place l’incidence nationale à 154 nouveaux cas pour 100 000 habitants.
De forts contrastes régionaux demeurent : en Guyane, dans les Hauts-de-France et en région parisienne, l’incidence de la maladie reste supérieure à 200 nouveaux cas pour 100 000 habitants. En Ile-de-France, elle se situait entre le 10 et le 16 mai à 238 nouveaux cas pour 100 000 habitants, juste en dessous du seuil d’alerte (250 cas pour 100 000 habitants).
Au niveau national, les principaux indicateurs baissent plus vite encore que l’incidence. Les passages aux urgences pour suspicion de Covid-19, les hospitalisations et les admissions en soins critiques ont chuté d’environ 30 % par rapport à la semaine précédente. Quant au nombre de décès imputés au Covid-19 – à interpréter avec précaution, les chiffres publiés par SpF n’étant pas encore consolidés – il a été de 1 248, à comparer aux 1 570 morts de la semaine du 3 au 9 mai.
Tension accumulée sur l’hôpital
Dans les services de réanimation, en première ligne face aux malades du Covid-19, le sentiment est général : « Partout, ça décroît, et à vitesse soutenue », souffle François-René Pruvot, à la tête de la Conférence des présidents de commissions médicales d’établissement des centres hospitaliers universitaires (CHU). Avec 3 769 patients atteints du Covid-19 en soins critiques jeudi 20 mai, la décrue est clairement enclenchée depuis le début du mois, après un pic atteint le 26 avril, avec 6 001 patients.
Ces signaux favorables ne doivent pas faire oublier la tension accumulée sur l’hôpital et les soignants. Si le nombre de nouvelles admissions chute, le total des patients hospitalisés pour cause de Covid-19 demeure élevé. On comptait encore le 18 mai plus de 22 000 malades du Covid-19 hospitalisés en France.
« Je me méfie toujours des périodes d’atterrissage, ce sont les plus dangereuses, quand l’avion ralentit », reprend François-René Pruvot, professeur au CHU de Lille. Dans l’immédiat, ce ne sont pas les rebonds épidémiques qui l’inquiètent – « la réouverture des écoles n’a pas eu d’effet semble-t-il, c’est rassurant », salue-t-il – mais les injonctions « contradictoires » qui vont tirailler de plus en plus fortement l’hôpital. « Les soignants sont fatigués, ils ont besoin de récupérer, de souffler, d’avoir quelques jours de repos, énumère-t-il. Mais la demande “non-Covid”, la pression de soigner ces autres patients est très forte, elle s’accroît même. »
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