Covid-19 : face à l’extension de l’obligation du passe sanitaire, les oppositions sont partagées – Le Monde

Il y a ceux qui l’appuient, ceux qui la regrettent, mais la pression mise lundi 12 juillet par Emmanuel Macron sur l’ensemble des Français pour se faire vacciner, avec l’extension du passe sanitaire, oblige les oppositions à se prononcer. Au sein de mêmes familles politiques, certains saluent la mesure, d’autres déplorent une atteinte aux libertés individuelles.
Ainsi, à droite, les réactions sont mitigées. Certains, comme Jean Rottner, président Les Républicains (LR) de la région Grand-Est et médecin urgentiste de formation, se félicitent de l’extension du passe. « Vaccination et passe sanitaire obligatoires, fin des PCR de confort, a tweeté M. Rottner lundi soir, finalement avantage aux vaccinés. Face à cette 4e vague, nous n’avons pas le choix ! » Bruno Retailleau, sénateur de Vendée et président des élus LR au palais du Luxembourg, se dit lui aussi « favorable » à cette décision, même s’il est critique sur le reste du discours présidentiel, dans lequel il voit « un terrible aveu d’échec qu’aucune manœuvre ne parviendra à masquer ». Pour Damien Abad, la cause est entendue : « Il faut appuyer sur le bouton vaccination pour éviter tout reconfinement. Il faut encourager la vaccination spontanée partout et à tout moment », confie au Monde le président du groupe LR à l’Assemblée nationale.
D’autres à droite s’inquiètent cependant des restrictions infligées aux libertés individuelles. « Se rend-on bien compte de ce que cela signifie en matière de libertés publiques ? Mais dans quelle société M. Macron fait-il basculer la France ? », s’interroge Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône et porte-parole de LR. Julien Aubert, député LR du Vaucluse, regrette de son côté l’instauration d’une « vaccination obligatoire qui ne dit pas son nom et [revient] à créer deux catégories de citoyens ».
La gauche divisée
A l’extrême droite, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) à l’élection présidentielle, dénonce un « recul grave des libertés individuelles », avant de déplorer la « brutalité » de l’obligation visant les soignants. « Ils étaient applaudis à 20 heures, considérés comme des héros du quotidien, toujours là malgré des salaires faibles et des conditions difficiles. Ils sont maintenant culpabilisés, menacés de ne plus être payés, dans une brutalité indécente. Quelle ingratitude ! », estime la présidente du RN.
Au sein de sa famille politique, sa voix est loin d’éteindre les divergences. Ainsi, le maire de Béziers, Robert Ménard, proche du RN, s’interroge : « Je comprends que le passe sanitaire puisse choquer. Mais veut-on retrouver oui ou non une vie normale ? » L’ancien bras droit de Mme Le Pen, Florian Philippot, qui manifeste tous les samedis contre la « dictature sanitaire » et la « coronafolie », s’estime pour sa part conforté dans son analyse. « Qu’il n’y ait plus un sot pour me dire que nous ne sommes pas en dictature. On y est, et elle est violente, très violente », affirme-t-il, avant d’appeler à un « défilé national de résistance » samedi 17 juillet, à Paris.
Il vous reste 41.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.