Covid-19 : les oppositions désarmées face au tour de vis du gouvernement – Le Monde

Le ministre de la santé, Olivier Véran, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 6 juillet.

S’élever contre les annonces du président de la République sans se placer dans le camp des adversaires du vaccin. Telle est la ligne de crête suivie par les oppositions, depuis lundi 12 juillet et l’annonce, par Emmanuel Macron, de l’extension du passe sanitaire aux lieux et établissements de loisirs recevant plus de cinquante personnes. Le tout alors qu’une majorité de Français (54 %, d’après un sondage Elabe pour BFM-TV) jugent ces mesures « adaptées à la situation » et que l’allocution présidentielle a entraîné une véritable ruée sur les rendez-vous de vaccination − « près de trois millions », d’après le chef de l’Etat.

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Ainsi, à gauche, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), s’est déclaré, vendredi 16 juillet, sur Franceinfo, « partisan de la vaccination massive, parce qu’elle est, à ce jour, la seule protection connue », estimant néanmoins que « le périmètre de contrainte » du passe sanitaire était « un peu large », et qu’il devrait être « corrigé » au Parlement.

« On ne peut pas avoir un raisonnement qui finisse par être discriminatoire », a ajouté le député de Seine-et-Marne, qui dit préférer une « approche pédagogique » concernant la vaccination, afin de « maintenir un minimum de confiance ».

« Restrictif des libertés », mais « nécessaire »

Même exercice d’équilibriste réalisé à droite par Xavier Bertrand. Dans une interview au Figaro, jeudi 15 juillet, le candidat à l’élection présidentielle s’est déclaré en faveur des mesures du projet de loi sanitaire, présenté lundi 19 juillet en conseil des ministres, avant le début de son examen au Parlement, mercredi 21 juillet, tout en dénonçant « l’impréparation » dans leur mise en œuvre.

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« On ne peut pas se décharger de l’exécution de telles décisions sur les entreprises sans aménager de périodes transitoires et sans fixer un cadre clair, notamment s’agissant des contrôles des passes sanitaires », a déploré le président des Hauts-de-France. Du côté de sa famille politique d’origine, le président (Les Républicains) du Sénat, Gérard Larcher, a adopté une posture similaire, évoquant un « bon levier », certes « restrictif des libertés », mais « nécessaire » face au Covid-19, à condition qu’il soit placé « sous le contrôle du Parlement ».

« Hors de toute mesure »

Dans cette quête du « meilleur équilibre entre la nécessité de combattre la propagation du virus et la protection de nos libertés publiques », le patron du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, et son homologue centriste, Hervé Marseille, ont annoncé leur volonté de saisir le Conseil constitutionnel, après l’adoption du projet de loi, prévue normalement en fin de semaine. Insuffisant, toutefois, pour rassurer les plus préoccupés face aux nouvelles restrictions, qui doivent progressivement entrer en vigueur à partir du 21 juillet.

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