Covid-19 : les dernières données qui permettent de mesurer la dangerosité du variant Delta – L’Express
Responsable d’une nouvelle flambée des contaminations, le variant Delta est-il vraiment plus dangereux ? Sur cette question, le nouveau rapport de Santé publique France, mis à jour le 28 juillet, donne plusieurs clés de compréhension. “Ce variant se caractérise par une compétitivité accrue par rapport aux autres variants, notamment la souche alpha (anciennement britannique)”, déclarent ces travaux. Si le variant Delta – découvert en Inde – nous intéresse, c’est parce qu’il est désormais majoritaire à l’échelle internationale. Il représente 87% des séquences déposées dans GISAID au mois de juillet et 75% lorsque les séquences du Royaume-Uni sont exclues.
En France, le variant Delta représente 82,8% des tests positifs selon une enquête Flash datant du 13 juillet. Dans son rapport, Santé publique France laisse entrevoir la possibilité que cette nouvelle souche soit plus dangereuse, mais aussi plus contagieuse. En effet, cette nouvelle souche serait deux environ fois plus transmissible que les virus historiques. Dans le détail, les spécialistes estiment que le variant Delta est environ 40 à 60% plus transmissible que la souche Alpha et respectivement 60% et 30% de plus que les variants Beta et Gamma. Comment expliquer cela ? “Plusieurs sources de données différentes indiquent une augmentation de la charge virale dans le nasopharynx chez les personnes infectées par rapport à Alpha et autres souches virales de référence.
Cette plus forte transmissibilité s’illustre par la vitesse de diffusion du variant Delta qui s’est propagé dans 132 pays selon l’Organisation mondiale de la Santé. En effet, les infections ont augmenté dans de nombreuses régions du monde “certaines atteignant même 80% de plus au cours du mois dernier”. En Afrique, les décès ont augmenté de 80% au cours de la même période, a averti l’OMS, dans un communiqué daté du 2 août. En plus de se transmettre plus facilement, le variant Delta pourrait être plus dangereux. “Des données britanniques, canadiennes et de Singapour indiquent une augmentation du risque d’hospitalisation et de formes sévères en lien avec ce variant”, souligne Santé publique France.
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Le variant Delta pourrait être “plus infectieux”
Mais ces conclusions sont à prendre avec précaution. L’organisme souligne que “ces éléments en faveur d’une augmentation de la sévérité de Delta par rapport à Alpha sont préliminaires et que le niveau de confiance sur ces résultats demeure limité à ce stade”. De son côté, la docteure Maria Van Kerkhove, de l’Organisation mondiale de la Santé témoigne d’une augmentation des hospitalisations dans certains pays touchés par le variant, tout en ajoutant qu’il n’était pas encore constaté “d’augmentation de la mortalité”. Parmi les autres motifs d’inquiétude : l’intervalle intergénérationnel pourrait être plus court pour Delta que pour les souches de référence (quatre jours au lieu de six).
Autrement dit, cela signifie que la durée typique s’écoulant entre la survenue de la maladie chez un cas et l’apparition de la maladie chez les personnes qu’il va infecter est moins longue que pour les autres variants. “Cela suggère que ce variant Delta pourrait être capable de se répliquer plus rapidement et d’être plus infectieux pendant les premiers stades de l’infection”, reprend Santé publique France. Si l’organisation sanitaire dresse un tableau plutôt sombre du variant Delta, elle se montre rassurante sur le volet de la vaccination.” En cas de schéma vaccinal complet, l’efficacité des vaccins Pfizer et AstraZeneca contre ce variant demeure élevée contre les formes symptomatiques, même si elle semble moindre que pour le variant Alpha, et très élevée contre les formes graves de Covid-19″, note le rapport.
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Dans ces travaux récents, il est aussi rappelé la nécessité de recevoir les deux injections pour les vaccins concernés. “Toutefois l’efficacité de ces vaccins est limitée après une seule dose, incitant fortement à intensifier la vaccination afin d’augmenter au plus vite la couverture vaccinale complète”, insiste l’étude. Alors doit-on craindre cette quatrième vague dans l’hexagone ? “En France, des travaux menés par trois équipes différentes de modélisateurs indiquent que la circulation actuelle du variant Delta va être responsable d’une vague épidémique dès le mois d’août dont l’impact en termes de morbidité et mortalité dépendra de l’évolution de la couverture vaccinale au sein de la population générale”, conclut le rapport.
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