Covid-19 : malgré un ralentissement de la circulation virale, la hausse des hospitalisations s’accélère – Le Monde
Les vagues se suivent mais ne se ressemblent pas. Après un mois de reprise soudaine de la circulation virale, l’épidémie de Covid-19 semble commencer à marquer le pas. Si la circulation du SARS-CoV-2 est toujours très intense sur l’ensemble du territoire français, « on observe un ralentissement de la hausse de l’incidence », signalait Santé publique France (SPF) lors d’un point de décryptage, vendredi 6 août. En parallèle, « l’augmentation des nouvelles hospitalisations et admissions en soins critiques s’est accélérée, confirmant le retentissement hospitalier de cette quatrième vague épidémique », note le bulletin épidémiologique publié jeudi.
Lors de la semaine 30, du 26 juillet au 1er août, l’augmentation de l’incidence par rapport à la semaine précédente n’était que de 17 %, alors qu’elle était de 94 % une semaine plus tôt. On comptabilise désormais 225 nouvelles contaminations pour 100 000 habitants en une semaine, soit le niveau d’incidence de la toute fin avril. Le taux de reproduction, qui indique le nombre de contaminations secondaires qu’une personne infectée va engendrer, est lui aussi en baisse, passant de 1,89 à 1,27. Mais ce taux, toujours supérieur à 1, signifie que l’épidémie continue de progresser. « Est-ce qu’on va observer un plateau, est-ce qu’on va observer un pic ? Nous ne sommes pas devins et il faut rester prudent sur l’interprétation de ces chiffres », soulignait vendredi Bruno Coignard, directeur du département des maladies infectieuses à SPF.
Un phénomène semblable avait été observé au Royaume-Uni à la mi-juillet, suivi d’une chute soudaine des contaminations, qui semblent désormais stagner à un niveau élevé d’en moyenne 26 000 nouveaux cas par jour. S’il est impossible d’expliquer ce phénomène avec certitude, plusieurs hypothèses peuvent être formulées, notamment l’arrivée de la période estivale.
Une immunité « qui devient élevée »
« Tant la France que le reste de l’Europe (et le Royaume-Uni) entrent dans une forme de “semi-confinement” en été, avec les écoles, les universités et de nombreuses entreprises fermées. Les transports urbains beaucoup moins surchargés, les interactions sociales sont plus restreintes et plus souvent à l’extérieur, les locaux sont mieux aérés », souligne Antoine Flahault, professeur de santé publique et directeur de l’Institut de santé globale (université de Genève). Autant d’éléments qui concourent à freiner la propagation du Covid-19. « Il faut ajouter à cela une immunité qui devient élevée dans la population, mais aussi la poursuite de gestes barrières et l’instauration progressive du passe sanitaire ou son équivalent en Europe », ajoute l’épidémiologiste.
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