Covid-19 : comment le gouvernement prépare la fermeture des centres de vaccination – L’Express
Les salles d’attente se vident et les queues devant les établissements ont disparu. Après avoir piqué à tour de bras pendant la période estivale, les centres de vaccination ne tournent plus à plein régime. Cette dernière semaine, en moyenne sur sept jours, on comptait 64 657 premières doses injectées quotidiennement – contre plus de 100 000 le 2 septembre. Le ralentissement est tel que la fermeture de ces complexes créés en début d’année est envisagée d’ici à un à six mois. Les centres de vaccination contre le Covid-19 pourraient fermer cet automne, ou au plus tard en février 2022, en fonction de la capacité des pharmaciens et médecins libéraux à prendre le relais, selon un document du ministère de la Santé consulté mardi par l’AFP.
Alors que 69,9% des Français disposent d’un schéma vaccinal complet, le nombre d’injections est amené à baisser dans les prochaines semaines. Le ministère table sur une “charge d’injections” de 2,9 millions de doses par semaine en septembre – une hypothèse optimiste compte tenu des 1,8 million de doses écoulées la semaine dernière. Le rythme hebdomadaire chuterait ensuite à 1,3 million en octobre, 0,7 en novembre, 0,6 en décembre puis 0,4 et janvier et février. Soit, sur la base de 4,3 semaines par mois, plus de 27 millions de vaccinations avant la fin de l’hiver, dont une grande partie pour la “dose de rappel” – qui vise potentiellement 18 millions de personnes.
Déjà cet été, certains centres ont baissé le rideau pour éviter de tourner à vide. Du 5 juillet au 29 août, près d’un quart de ces complexes dédiés à la vaccination a fermé en Ile-de-France. En Loire-Atlantique, cinq centres de vaccination ont annoncé leur fermeture fin septembre. “La demande de prise de rendez-vous auprès des centres de vaccination est moins forte et leur activité va continuer de diminuer progressivement : d’une activité de 100 000 injections par semaine au coeur de l’été, l’activité devrait baisser autour de 30 000 injections fin septembre”, indique, le 13 septembre, l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire. Dans la région, 84 % de la population de plus de 12 ans a reçu les deux doses de vaccin contre le Covid-19 (89 % ont eu une dose). Ces modifications s’accompagnent de la mise en place de centres de vaccination mobile à Nantes et à Saint-Herblain.
Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement
Je m’abonne
“On a la capacité de vacciner”
Avec la fermeture des centres de vaccination, le gouvernement va être obligé de passer le témoin. Pour cela, il veut redonner un rôle clé à la médecine de ville et mettre en avant les pharmaciens et médecins pour faciliter les deuxièmes doses et convaincre, mais aussi convaincre les récalcitrants. Deux options sont sur la table : selon que les libéraux pourront effectuer 750 000 ou 300 000 injections par semaine, cela “impliquerait une fermeture des centres en octobre ou en février”. Les soignants contactés par l’AFP sont prudemment optimistes. Du côté des médecins généralistes, “on a la capacité de vacciner si on nous donne les doses”, assure Jacques Battistoni (MG France). Chez les pharmaciens aussi, “à partir du moment où on a les doses, il n’y a pas de difficultés pour faire 750 000 vaccinations en ville”, estime Philippe Besset (FSPF).
Sur le même sujet
Les commandes de Pfizer leur seront enfin ouvertes lundi, pour livraison début octobre, mais les libéraux sont échaudés par les ratés logistiques à répétition des autres vaccins (AstraZeneca, Janssen et Moderna). Si la campagne vaccinale devait faire inclure largement les médecins généralistes et pharmaciens, ces derniers se sont retrouvés avec du AstraZenaca – destiné aux plus de 55 ans – et qui n’a plus la cote auprès des Français. Si tout se déroule sans accroc cette fois-ci, “a priori les fermetures de centres auront lieu en fin d’année”, prévoit Philippe Besset. A moins d’un nouveau rebondissement : le ministère n’exclut en effet pas “l’éventualité d’un rappel en population générale”, c’est-à-dire d’une troisième dose pour tous. La campagne de rappel vaccinal devrait donc être gérée par ces médecins et pharmaciens.
Les plus lus
Opinions
Chronique
La ligne verte
Chronique
Chronique



