Covid-19 : comment expliquer autant de discordances dans les résultats des tests ? – Le Monde
Un résultat d’autotest négatif suivi d’un PCR positif, des tests antigéniques négatifs malgré des symptômes typiques du Covid-19, des personnes au sein d’un même foyer qui ont les mêmes symptômes mais pas les mêmes résultats de test… Les témoignages évoquant des discordances de diagnostic se multiplient alors que la vague Omicron continue de déferler sur la population française au rythme effarant de 2,5 millions de nouvelles contaminations en une semaine.
Ces différences s’expliquent d’abord par un recours accru, depuis quelques semaines, aux autotests et aux tests antigéniques, moins sensibles que les tests PCR, jusque-là principaux outils utilisés pour le diagnostic. Les autotests sont en effet des tests antigéniques sur prélèvement nasal faits chez soi qui provoquent de nombreux faux négatifs, notamment un cas sur deux chez les asymptomatiques. De leur côté, en plein hiver, les tests antigéniques sur prélèvement nasopharyngé produisent plus de faux positifs quand ils sont utilisés à des températures trop basses, par exemple dans les barnums à l’extérieur des pharmacies.
« Pour autant, on est aujourd’hui face à Omicron, qui se comporte différemment des variants précédents et pour lequel on est en train de récupérer des données », constate Cédric Carbonneil, chef du service évaluation des actes professionnels à la Haute Autorité de santé (HAS). Ces faux résultats doivent-ils nous alerter sur le fait que la boussole des tests a perdu le nord face aux particularités du variant Omicron ?
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Une sensibilité réduite face à Omicron ?
Le premier signal est venu, fin décembre 2021, des Etats-Unis, où l’agence chargée d’autoriser la vente de médicaments a semé le doute en une ligne : « De premières données suggèrent que les tests antigéniques détectent le variant Omicron mais peuvent avoir une sensibilité réduite. » Ce qui signifie que les faux négatifs seraient plus courants avec Omicron qu’avec les variants précédents. Un constat confirmé par une équipe de chercheurs suisses qui ont évalué huit tests antigéniques face aux variants Delta et Omicron. « Nous avons observé une sensibilité légèrement inférieure avec Omicron », explique au Monde la virologue Isabella Eckerle, qui a dirigé l’étude.
« Tous les tests rapides ne fonctionnent pas de la même manière : certains étaient toujours aussi sensibles pour Omicron que pour Delta, certains ont montré une sensibilité plus faible », ajoute-t-elle. De premiers résultats à prendre avec recul donc, et qui varient selon les produits distribués dans chaque pays. Pourtant, pour Cédric Carbonneil, ces données ne doivent pas trop inquiéter, « car s’il y avait vraiment un problème avec la sensibilité des tests, on n’aurait pas détecté autant de cas Omicron depuis décembre ».
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