Covid-19 : l’horizon d’une vie sans masque ni passe – Le Monde
L’art de naviguer pendant un début de décrue serait-il aussi délicat qu’en pleine flambée épidémique ? La question refait surface à chaque vague de Covid-19, et la cinquième ne semble pas faire exception. Dans son sillage, d’autres se posent, face au variant Omicron, désormais dominant : la France va-t-elle à la bonne vitesse pour alléger les mesures de restriction qui pèsent sur le quotidien des Français ? Quels indicateurs retenir pour de telles décisions, quand d’autres pays européens font d’ores et déjà le choix de relâcher plus largement les vannes ?
Mercredi 2 février, le ministre de la santé, Olivier Véran, s’est projeté au-delà du calendrier déjà annoncé le 20 janvier par le premier ministre, Jean Castex. « Le pire est derrière nous, on a fait le plus dur, a-t-il acté sur BFM-TV, confirmant le passage du pic des contaminations. « Quand on aura libéré des places en réanimation, s’il n’y a pas de nouveau variant en circulation, l’utilité du passe vaccinal sera discutée », a-t-il dit, estimant « probable » la suppression de ce passe avant juillet, au regard de « la dynamique épidémique actuelle ». M. Véran a par ailleurs indiqué que l’obligation du port du masque en intérieur pourrait être levée « au printemps », disant, là encore, s’appuyer sur l’évolution actuelle de la crise sanitaire.
Le conseil de défense sanitaire, intervenu quelques heures avant la prise de parole de M. Véran, n’a pas donné lieu à une accélération du calendrier déjà prévu. La levée des restrictions sur le télétravail, l’abandon des jauges pour les lieux de grands rassemblements et la fin de l’obligation du port du masque à l’extérieur ont bien eu lieu le jour même. Prochaine étape : la réouverture des discothèques le 16 février, et le déploiement d’un nouveau protocole sanitaire à l’école, au retour des vacances scolaires, sur lequel des concertations sont prévues la semaine prochaine.
Sur le front de l’épidémie, plusieurs indicateurs confirment le début du reflux de la cinquième vague. La circulation virale, avec 315 363 cas positifs comptabilisés le 2 février, a commencé à ralentir. Le nombre de patients hospitalisés s’élève, lui, à 32 720 malades du Covid-19 au 2 février, soit un niveau supérieur à celui de la première vague. « On est en train d’arriver au pic d’hospitalisations », a indiqué M. Véran.
Avec une différence de taille : le nombre de patients en réanimation s’est, lui, déjà stabilisé en dessous de la barre des 4 000, qui donnait des sueurs froides aux hôpitaux – 3 700 patients atteints du Covid-19 occupent un lit en soins critiques au 2 février –, avec une tendance à la baisse amorcée il y a bientôt trois semaines déjà.
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