Covid-19 : parmi les personnes vaccinées, qui sont celles qui se retrouvent à l’hôpital ? – L’Express

Qui sont les personnes hospitalisées malgré un schéma vaccinal à deux doses ? Des chercheurs français se sont posé la question dans une large étude portant sur la population vaccinée en France. Les scientifiques du groupement Epi-Phare, qui est constitué de l’Agence nationale de la sécurité du médicament et de la Caisse nationale de l’assurance maladie, ont observé durant plusieurs mois les hospitalisations des personnes complètement vaccinées. Plus de 28 millions de personnes ont été incluses, faisant de cette étude l’une des plus larges réalisées dans le monde.  

Le premier constat est sans appel : le vaccin protège très fortement contre les formes graves de la maladie. Sur les 28 031 641 personnes présentant un schéma vaccinal complet au 31 juillet, seules 5 345 ont été hospitalisées et 996 sont décédées à l’hôpital en raison du Covid-19. “Cette fréquence est très faible, c’est une nouvelle confirmation scientifique de l’efficacité vaccinale dont on parle tant”, souligne le professeur d’épidémiologie et directeur d’Epi-Phare, Mahmoud Zureik. L’étude a porté sur l’ensemble des personnes ayant eu un schéma vaccinal complet avec les vaccins de Pfizer-BioNTech, Moderna ou AstraZeneca en France entre le 1er janvier et le 31 juillet 2021. 

Dans cette population de sujets vaccinés, les risques d’hospitalisation et de décès hospitalier pour Covid-19, que les scientifiques nomment “risque résiduel”, sont associés à plusieurs facteurs. D’une part ce risque “apparaît fortement associé à l’âge, et à la prise d’immunosuppresseurs ou de corticoïdes oraux”. Mais aussi “à la présence de certaines comorbidités, en particulier la transplantation rénale ou du poumon, l”insuffisance rénale en dialyse, la mucoviscidose, le cancer actif du poumon, la trisomie 21 et le retard mental”, notent les auteurs de ce rapport publié ce vendredi. 

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Les patients transplantés rénaux, très à risque

A première vue, ces données sont relativement connues. “La remontée clinique du terrain, on la connaît bien sûr, on l’entend dans les déclarations des soignants, mais cette étude confirme leurs dires et quantifie cela au niveau de la population totale, d’un point de vue scientifique”, précise Mahmoud Zureik. Ces travaux permettent un détail précis des risques que représente le virus dans les catégories souvent qualifiées de “fragiles”. Un éclairage important pour mieux prendre en compte la protection de ces populations durant l’épidémie.  

Ainsi les personnes traitées par médicaments immunosuppresseurs et qui répondent faiblement, ou pas du tout à la vaccination, même vaccinées, font partie des catégories les plus à risques face au Covid-19. Un constat important alors que ces traitements sont donnés à plusieurs types de patients, comme les personnes greffées. Le rapport d’Epi-Phare montre à ce titre que les patients transplantés rénaux vaccinés étaient 57 fois plus à risque d’hospitalisation pour Covid-19.  

Le rapport montre également que parmi les personnes vaccinées et hospitalisées, moins de 10% ne présentaient aucune comorbidité. De manière générale, les patients vaccinés présentant une seule comorbidité sont deux fois plus à risque d’être hospitalisés pour Covid-19 en comparaison aux patients vaccinés sans comorbidité identifiée. “Et la probabilité d’être hospitalisé augmente beaucoup avec le nombre de comorbidités. Parmi les hospitalisés il y a 27% de personnes qui ont au moins cinq comorbidités, c’est très important”, souligne le directeur d’Epi-Phare. Ce groupe de personnes représente également 39% des personnes vaccinées et décédées pour Covid-19 à l’hôpital. 

Les plus défavorisés sont les plus exposés

Les scientifiques se sont également intéressés aux réalités socio-économiques de l’épidémie. Résultat : les personnes les plus pauvres sont plus exposées au virus, même vaccinées. “C’est une constance dans tous nos rapports : les personnes qui habitent dans les communes les plus défavorisées sont plus à risque”, explique le Pr. Zureik, “le milieu socio-économique est un déterminant majeur de santé, on le constate pour les cancers, les maladies cardiaques, et malheureusement le Covid-19 n’échappe pas à cette règle”. Cette étude souligne ainsi que les personnes vaccinées qui résidaient dans les communes les plus défavorisées avaient un risque accru d’environ 30% en comparaison aux personnes vaccinées qui résidaient dans les plus favorisées.  

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Si l’étude ne concerne pas la dose de rappel et n’a pas pris en compte l’impact du variant Omicron, “on pense raisonnablement qu’il n’y aura pas de différence dans les résultats et cela restera à confirmer par les études futures”, assure Mahmoud Zureik. Plus d’un an après le début de la campagne de vaccination, ces résultats montrent une nouvelle fois l’intérêt du vaccin dans la prévention des formes graves de la maladie, mais alors qu’il y a encore en moyenne 282 décès quotidiens liés au Covid, ils nous appellent à ne pas laisser de côté les populations les plus exposées face au virus.  

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