Covid-19 : les secrets de ceux qui résistent au virus – Le Monde
Pourquoi, depuis le début de la pandémie, certaines personnes résistent-elles opiniâtrement à l’infection par le SARS-CoV-2 alors que tant d’autres, confrontées aux mêmes situations à risque, sont rapidement infectées ? La question fascine autant qu’elle intrigue. L’énigme, cependant, apparaît aussi coriace que les sujets auxquels elle se consacre. Mutations génétiques, rencontres passées avec d’autres virus, groupe sanguin, modes de vie… : nombreuses sont les pistes explorées. D’ores et déjà, quelques-unes se dessinent avec plus de netteté.
Qui sont donc ces résistants au virus ? « L’exemple-type est celui des expositions intrafamiliales rapprochées. Dans un couple, par exemple, un des deux partenaires peut être touché sans toujours le savoir : il arrive alors que son conjoint reste indemne », raconte le professeur Laurent Abel, codirecteur du laboratoire de génétique humaine des maladies infectieuses à l’Institut Imagine (Inserm, hôpital Necker, Paris). Sans compter celles et ceux qui, malgré une profession à risque, sont toujours passés entre les gouttes, gouttelettes et aérosols chargés de virus, alors même que les masques n’étaient pas disponibles.
Encore faut-il s’entendre sur cette protection naturelle. Il y a les personnes qui résistent à l’infection par le SARS-CoV-2 malgré une évidente exposition au risque et en l’absence de vaccination. Et puis, il y a celles qui sont infectées mais qui ne développent pas de formes graves de Covid-19. Ces deux catégories de résistance, a priori, tiennent à des boucliers différents. Seule la première nous intéresse ici.
Bouclier quasi parfait
« La proportion d’humains naturellement résistants à l’infection par le SARS-CoV-2 est inconnue », relèvent les auteurs – un consortium international, auquel participe notamment Laurent Abel – d’un état de l’art sur le sujet, publié en octobre 2021 dans la revue Nature Immunology. Mais, pour ce qui est de la piste génétique, « un certain nombre de gènes candidats (…) ont été proposés », ajoutent-ils.
Avant cela, les chercheurs ont dû relever un premier défi : comment s’assurer de ne pas passer à côté d’une infection asymptomatique ? « L’absence d’infection doit être établie par des tests PCR négatifs répétés, puis confirmée par une sérologie négative », souligne Laurent Abel. Si le sang d’un individu ne contient pas d’anticorps ciblant le SARS-CoV-2, c’est que ses défenses immunitaires n’ont pas rencontré le virus. Avec une réserve : « Quand les muqueuses du nez sont infectées, l’immunité locale peut suffire à bloquer l’infection du reste de l’organisme. On ne détectera alors aucun anticorps dans le sang », souligne Jean-Daniel Lelièvre, chef du service d’immunologie clinique et maladies infectieuses de l’hôpital Henri-Mondor à Créteil (AP-HP).
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