Covid-19. Que sait-on des nouveaux vaccins adaptés aux mutations du virus ? – Ouest-France

« Quelle est l’efficacité actuelle du vaccin contre les dernières souches variantes ? À quand le vaccin adapté ? », demande Fred.
Pour ce qui est des deux vaccins à ARN, Pfizer/BioNTech et Moderna, les plus injectés en France, l’efficacité contre Omicron reste bonne contre les formes graves.
« Le variant Omicron est retrouvé dans près de 100 % des cas en France. Les vaccins existants restent efficaces sur les formes graves dues à ce variant à condition que la vaccination soit complète avec un rappel », note le site Vaccination info service.
Ce que confirme le ministère de la Santé : « Les vaccins de type ARN ont une grande efficacité pour la protection des formes sévères et graves (de l’ordre de 90 %), en particulier après une 3e dose/rappel, notamment vis-à-vis du variant Omicron, selon l’avis du Conseil scientifique du 19 janvier 2022 ».
C’est d’ailleurs parce que l’efficacité reste bonne que les plus de 60 ans sont invités à recevoir leur deuxième dose de rappel dès maintenant, sans attendre l’arrivée de nouveaux vaccins.
Lire aussi : Covid-19. Quelle est la différence entre les variants et les sous-variants ?
Des sous-variants d’Omicron
Les deux variants BA.4 et BA.5 sont deux sous-lignages du variant Omicron, identifiés en Afrique du Sud pour la première fois. Le BA.5 pourrait devenir majoritaire en France. « La baisse des gestes de prévention contribue à cette vague en train de se dessiner. C’était attendu, le sous-variant BA.5 d’Omicron ayant un avantage de transmission par rapport au BA.2 de la dernière vague », expliquait Arnaud Fontanet, spécialiste de l’épidémiologie des maladies émergentes, dans un entretien à Ouest-France .
Selon le dernier bulletin épidémiologique de Santé publique France, les sous-lignages BA.2 d’Omicron représentaient 51 % des cas de l’enquête flash. Le bulletin du 23 juin fait état du « remplacement progressif de BA.2 par BA.5 dont la détection est en forte hausse (41 %) ».
Lire aussi : Covid-19. La septième vague va-t-elle gâcher nos vacances d’été ?
Quatre nouveaux vaccins ?
Vous nous parlez de vaccin adapté Fred et effectivement, de nouveaux vaccins sont attendus à la fin de l’année. Ils seront adaptés aux mutations du virus avec le variant Omicron. Il s’agit soit de vaccins à ARN, soit de vaccins protéiques.
« Si tout va bien, nous disposerons de quatre nouveaux vaccins à l’automne. Grâce à leur spectre d’induction de réponse immune plus large, ils devraient réduire le risque d’une vague importante générée par un nouveau variant », a expliqué le Pr. Alain Fischer, dans un entretien au Journal du dimanche .
« D’un côté, Moderna et Pfizer travaillent sur des produits bivalents comprenant deux séquences ARN de la protéine Spike, l’une dirigée contre la souche originelle de Wuhan et l’autre contre Omicron. Les résultats partiels communiqués par la première firme suggèrent que l’efficacité est meilleure : le taux d’anticorps neutralisants après la vaccination serait supérieur à son niveau actuel après une injection de rappel classique. En matière de durée de protection, on pourrait de ce fait gagner quelques mois supplémentaires », a détaillé le « M. Vaccin » du gouvernement.
Alain Fischer a aussi évoqué deux autres vaccins : celui de Sanofi et celui de la société espagnole Hipra. « Des données préliminaires laissent penser que celui de Sanofi, dirigé contre Bêta, induit des taux élevés d’anticorps neutralisants contre les différents variants. Celui d’Hipra, qui combine une fraction des Spike Alpha et Bêta en une seule molécule, induit les mêmes effets en rappel . »
Les vaccins de Moderna et Pfizer adaptés
Moderna a justement communiqué sur ce nouveau vaccin, mercredi 22 juin. L’entreprise a affirmé que son nouveau candidat vaccin de rappel contre le Covid-19, que la compagnie espère voir approuvé à l’automne, était efficace contre les derniers sous-variants d’Omicron. L’entreprise de biotechnologie avait récemment annoncé que son vaccin dit « bivalent » (visant à la fois la souche initiale du virus et le variant Omicron) avait de meilleurs résultats contre les deux que son vaccin d’origine, baptisé Spikevax.
Dans de nouveaux résultats d’une étude clinique, la compagnie a indiqué que le rappel avait également bien fonctionné contre BA.4 et BA.5.
Pfizer aussi prépare un nouveau vaccin contre Omicron et ses variants. « J’espère que d’ici l’automne – mais ce n’est pas une certitude – nous pourrions avoir un vaccin » qui est efficace « contre tout ce qui est connu pour le moment », a souligné Albert Bourla, lors d’un point de presse organisé par la Fédération internationale de l’industrie pharmaceutique (Ifpma), le 13 avril dernier.
Pfizer mène actuellement des études pour savoir quelle pourrait être la meilleure formule. « Une fois que nous aurons les données qui nous permettent de décider lequel (vaccin) est le meilleur », a alors précisé Albert Bourla.
Lire aussi : Covid-19. Êtes-vous éligible à la quatrième dose de vaccin ? On vous répond
Le vaccin Valneva autorisé
Interrogée par Ouest-France, l’Agence européenne des médicaments (EMA) indique qu’elle a entamé la révision des vaccins Spikevax et Comirnaty adaptés afin de fournir une meilleure protection contre les variants du SRAS-CoV-2. Plus précisément, elle a commencé ce travail pour les vaccins de Moderna ainsi que celui de Pfizer/BioNTech.
D’autres vaccins sont aussi en cours d’évaluation comme le celui du laboratoire espagnol Hipra, baptisé PHH-1V. Le laboratoire doit obtenir l’aval de l’EMA avant de pouvoir faire une demande de mise sur le marché dans les 27 pays de l’Union européenne. Ce vaccin repose sur le procédé des protéines recombinantes, formule également utilisée pour le candidat vaccin du laboratoire français Sanofi. Pour Sanofi justement, l’EMA étudie la mise sur le marché de ce vaccin.
Aujourd’hui, six vaccins contre le Covid-19 sont autorisés dans l’Union européenne. Le dernier en date : le vaccin de la biotech franco-autrichienne Valneva. Cinq autres vaccins ont aussi déjà été approuvés : les vaccins à ARN messager de Pfizer/BioNTech et de Moderna, ceux du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca et de son concurrent américain Johnson & Johnson, qui ont recours à un vecteur viral, et le vaccin Novavax, basé sur la technologie dite des sous-unités protéiques.