« Face à la pandémie de Covid-19, il importe de développer en France une stratégie globale et de long terme » – Le Monde

Les vagues du Covid-19 se succèdent inexorablement. Depuis le début de la crise sanitaire, nous déplorons chaque année plus de 50 000 décès directement liés au virus sans parler de l’impact des Covid longs et des dégâts collatéraux considérables : sanitaires, sociaux, psychologiques et économiques. L’espoir d’un virus qui deviendrait « saisonnier » ou « endémique » s’éloigne de plus en plus. Le SARS-CoV-2 est là et le sera encore dans les prochains mois et, très probablement, dans les prochaines années. Nous vivrons donc avec lui. Mais si nous devons vivre avec le virus, nous ne devons pas lui faciliter la vie pour qu’il ne gâche pas les nôtres. Les infections répétées n’apportent pas l’effet protecteur escompté et, malgré la vaccination, les personnes immunodéprimées, les personnes atteintes de maladies chroniques et les personnes âgées sont condamnées à une double peine : vivre avec leurs pathologies et voir leurs risques de mourir augmenter à cause du Covid-19. Une société solidaire doit protéger tous ses concitoyens. Ces personnes doivent recevoir la plus grande attention. Les protéger, c’est protéger la société.

Pour vivre avec le virus, nous devons donc limiter durablement les risques et, pour ce faire, sortir d’une gestion de crise à court terme, vague après vague, mesure après mesure et dose de vaccin après dose de vaccin.

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Cette crise qui dure depuis deux ans et demi nous apprend qu’il est nécessaire de développer une stratégie sanitaire globale, cohérente, coordonnée et de long terme, s’inscrivant dans un horizon de plusieurs années. Cette stratégie doit être débattue, adoptée de façon transparente pour être partagée par le plus grand nombre. Elle se décline en cinq axes : surveillance de l’épidémie, prévention des contaminations, diagnostic et dépistage, vaccination et, enfin, adaptation du système de soins.

Port du masque dans les transports

Le premier axe concerne l’établissement d’une stratégie de surveillance de l’épidémie et de son évolution. Jusqu’à présent, cette surveillance repose essentiellement sur des indicateurs tels que l’incidence calculée par le nombre de tests positifs. Or, le recours aux tests varie dans le temps, selon les circonstances et selon le profil des personnes. Ce recours est moindre par exemple chez les enfants et chez les asymptomatiques. Si cette surveillance par les tests doit être poursuivie, elle doit se doubler d’enquêtes périodiques de terrain sur des échantillons représentatifs de la population, seule manière de connaître avec précision le niveau de la circulation virale. De telles enquêtes ont également pour utilité d’étudier les circonstances des contaminations et les facteurs qui y sont associés (personnels, familiaux, sociaux…). En outre, un renforcement des moyens est nécessaire pour détecter des nouveaux variants et leur dynamique de diffusion.

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