Covid-19 : la France doit-elle mettre fin à l’isolement de toutes les personnes positives au virus ? – LaDepeche.fr

Dans un rapport publié au début du mois de septembre, le Haut Conseil de la santé publique pose la question de la fin de l’isolement des personnes testées positives au Covid-19. En Espagne, cette mesure a déjà été mise en place.
C’est une question qui ne fait plus consensus entre les pays touchés par le Covid-19 aujourd’hui : faut-il systématiquement isoler les personnes positives au virus ? Dans un rapport publié le 8 septembre dernier, mais daté du 15 juin, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande ainsi de mettre fin à l’isolement des cas positifs, sous condition d’une “amélioration très significative des indicateurs” sanitaires cet été. Or depuis juin justement, la France a affronté sa 7e vague de contaminations, mais avait pu bénéficier d’une certaine accalmie à partir de mi-juillet.
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En cette rentrée 2022, les perspectives sont toutes autres. Les infections au SARS-CoV-2 repartent à la hausse et les autorités sanitaires anticipent une 8e vague de contaminations. Dans ce contexte, difficile d’imaginer la fin, dans l’immédiat, de l’isolement de toute personne testée positive au virus : “L’avis de la HSCP a été émis au mois de juin, dans une situation qui n’est pas comparable à celle que l’on peut connaître en ce mois de septembre”, commente ainsi Santé Publique France auprès de La Dépêche du Midi. Dans son avis, en cas de situation sanitaire “défavorable”, la HCSP recommandait toutefois un isolement d’au moins cinq jours pour les personnes infectées.
Des “risques en termes de transmission”
En pratique, la France n’est pas le seul pays à s’être penché sur la question. Au mois de mars dernier, l’Espagne a annoncé vouloir mettre fin à l’isolement systématique des personnes infectées par le virus. En pratique, seuls celle et ceux qui ont été testés positifs au Covid-19 et qui présentent des symptômes inquiétants doivent aujourd’hui s’enfermer chez eux. Cette stratégie “comporte des risques en termes de transmission” du virus, reconnaissait alors Pedro Gullón, de la Société espagnole d’épidémiologie, dans les colonnes d’El Pais. Les autorités vuelent surtout cesser de “consommer autant de ressources humaines et économiques” que lors des deux dernières années.
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In fine, il s’agit surtout d’en venir à l’objectif fixé depuis le début de l’épidémie : “vivre avec le virus”. La France n’en est pas encore là, même si les mesures du gouvernement vont dans ce sens. C’est le cas entre autres dans les établissements scolaires du pays, où le protocole sanitaire, lorsqu’un enfant a été testé positif au virus, a beaucoup changé. Jusqu’au 31 juillet 2022, les salariés du secteur privé faisaient l’objet de dispositifs d’activité partielle et pouvaient bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence pour garder leurs enfants. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les salariés et les agents de la fonction publique qui ne peuvent télétravailler ne peuvent plus bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence ni d’une mise en activité partielle. Ces derniers sont contraints de prendre un congé “enfant malade”.
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En matière d’isolement, les règles sanitaires ont aussi beaucoup changé ces derniers mois. Ainsi, une personne qui a déjà été testée positive au virus, alors qu’elle a été infectée moins de deux mois auparavant, n’est pas tenue de s’isoler. Elle ne peut également pas demander d’arrêt de travail auprès de l’Assurance Maladie.
Si ce patient positif n’avait pas été infecté dans les deux derniers mois, il est toujours tenu de s’isoler au moins 5 jours. Le malade peut alors sortir d’isolement s’il a fait l’objet d’un test négatif et qu’il ne présente plus de signes cliniques d’infection depuis au moins 48 heures. Cet isolement peut être amené à durer jusqu’à dix jours pour une personne non-vaccinée.